Sénatrice</br> Diane Bellemare

Biographies

Sénatrice Diane Bellemare

La sénatrice indépendante non-affiliée sait que pour réussir, le Sénat doit être à la hauteur des aspirations des Canadiens.

Diane Bellemare a grandi à Ahuntsic, un quartier ouvrier de Montréal. La situation financière parfois précaire de la famille, la pousse dès son jeune âge à s’intéresser à l’emploi et à la justice sociale, des problèmes auxquels elle se consacrera toute sa vie. «  Je trouvais ça injuste, les fortes inégalités et le chômage, parce qu’on a vécu l’insécurité économique qui l’accompagne dans notre famille », se souvient la sénatrice.

Au moment de la révolution tranquille, l’éducation est devenue accessible et elle a choisi d’entreprendre des études classiques dans le but de faire des études universitaires. À l’époque, son père aurait préféré qu’elle entreprenne des études plus courtes et professionnelles. Elle lui a promis que ses études lui serviraient et qu’elle irait « jusqu’au bout », promesse qu’elle tient en remettant sa thèse de doctorat en économie à l’Université McGill en 1981, un tome de 800 pages portant sur l’insécurité économique.

Ça me troublait beaucoup que ça existe, dans une société qui est capable de nourrir tout le monde», explique Diane Bellemare. « Je voyais que ça avait un impact important sur les individus et leur capacité de s’épanouir.

Elle devient ensuite professeure à l’Université du Québec à Montréal, carrière qu’elle poursuivra pendant près de 25 ans. Parallèlement, elle participe à plusieurs activités rattachées à l’économie et l’emploi: elle siège notamment au Conseil économique du Canada, au Conseil de Statistiques Canada. On la voit aussi à l’émission de télévision Questions d’argent où elle commente chaque semaine l’actualité économique. Pendant cette période, elle participe à la création du Forum pour l’emploi, une OSBL parrainée par les associations syndicales, patronales et communautaires qui vise à promouvoir le plein emploi productif.

Elle deviendra par la suite présidente-directrice générale de la Société québécoise de développement de la main-d’œuvre (SQDM), première vice-présidente et économiste en chef au Conseil du patronat du Québec, et candidate vedette pour l’ADQ de Mario Dumont.

La plus grande source de sa fierté est sa famille. Elle a épousé Victor Altmejd, un immigrant d’Europe de l’Est, avec qui elle a eu deux enfants, Simon et Benjamin, et deux beaux-enfants, Sarah et David. (David Altmejd est un artiste contemporain de renommée mondiale qui vit à New York.)

Tout au long de sa carrière, elle continue de publier des ouvrages sur l’emploi, dont Créer et partager la prospérité (2013), et Le plein emploi, pourquoi ? (1983), qui connait un tel succès en librairie que tous les exemplaires de la première édition sont écoulés deux semaines après sa publication.

La sénatrice au début de sa carrière d’économiste.

Le premier ministre Stephen Harper la nomme sénatrice en 2012. Ce n’était pas dans son plan de carrière mais elle en est très fière. «  C’est l’emploi pour moi, un travail qui va au-delà de la politique partisane. Néanmoins, n’étant pas élue, je suis consciente de mes responsabilités face aux Canadiens. », dit-elle.

À peine arrivée au Sénat, Diane Bellemare s’immerge dans l’histoire et le fonctionnement des chambres hautes d’ici et d’ailleurs, avec la rigueur et la méticulosité de la chercheure universitaire qu’elle a longtemps été. Elle le fait pour mieux comprendre cette institution qui sert, selon elle, de garde-fou à la démocratie, particulièrement dans un système politique comme le nôtre, où un gouvernement peut avoir une majorité en chambre après avoir été élu par une minorité de voix.

C’est pour cette raison que la sénatrice n’hésite pas à prendre position publiquement sur des questions importantes pour elles, surtout si ces politiques vont à l’encontre des intérêts du Québec, qu’elle représente. Elle s’oppose par exemple C-377, un projet de loi considérée inconstitutionnel par la majorité des experts entendus. « Je suis quelqu’un qui est assez timide au fond, qui n’aime pas la confrontation, alors quand je pose des gestes comme ça, c’est que c’est plus fort que moi. Ce n’est pas toujours facile », ajoute-t-elle.

La sénatrice aves ses fils, Benjamin et Simon.

En 2016, elle quitte le caucus conservateur pour devenir sénatrice indépendante. Coordonnatrice législative du gouvernement, elle joue un rôle majeur en collaborant avec les autres dirigeants du Sénat afin de structurer les débats quotidiens à la Chambre haute, notamment en s’occupant de la gestion et de la présentation des motions de procédure du gouvernement. La sénatrice marraine en 2016 le projet de loi C-4, qui abroge la loi C-377 ainsi qu’une autre loi antisyndicale (C-525). Une initiative qu’elle est heureuse d’avoir entreprise, qui rétablit à ses yeux l’équilibre entre les employeurs et les syndicats.

En plus d’être membre du comité de Règlement, procédure et droits du parlement, elle est membre du comité de la modernisation du Sénat, une cause qui lui tient particulièrement à cœur. (Elle est aussi membre d’office de la majorité des comités du sénat.) « Je pense que c’est une institution qui est sous-estimée, mal aimée, et fortement critiquée. Il y a des raisons pour cela, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain », dit-elle. « Notre rôle, c’est de s’assurer que le bicaméralisme fonctionne bien au Canada. »

Sénatrice Diane Bellemare